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Dernière version

Si le vent pousse les nuages, on apercevra le soleil…

Des mois sans écrire.

Des mois où tout a changé. Bien malgré moi, malgré ce que j’avais prévu.

Mes vêtements tiennent désormais tous dans le dressing. Je peux me déplacer sur toute la longueur du bureau avec ma chaise à roulettes. Je peux dormir avec deux oreillers. Sur toute la surface du lit.

J’aime toujours autant chanter, mais ma voix déraille de plus en plus. Comme étranglée dans la gorge.

Les cours sont finis, et je suis fatiguée (certains diront que je suis constamment épuisée. Je pense que je suis née fatiguée.)

J’ai du mal à continuer à faire des photos. J’essaie de m’y remettre, ça me faisait du bien, avant, quand c’était mon truc à moi. Je tente d’y reprendre goût, petit à petit. Ré-apprivoiser mon boîtier. Pierre, si tu passes par là (et je sais que tu passes par là), tu m’emmèneras ? Tu m’aideras !

Dans trois jours je pars à Rennes. Quelques jours en famille, mais pas le temps d’aller faire un tour sur une jetée quelconque, pour me prendre un peu d’eau salée dans la gueule. A moins d’un aller-retour à Dinard dans la journée ? Samedi prochain, ce sera mon baptême du feu. Ou de la formation. Et puis les Vieilles Charrues, et enfin le camp pionnier. Appréhension. Perte de repères, aussi. Et toujours ces hésitations.

Si tu me suis, si tu me crois aussi…

A se faire taper dessus.

…Parce qu’en ce moment je n’écris plus rien !

Alors je mets des photos… Brest la semaine dernière (maman, toujours pas de question :) ), quelques photos, les abers, la crêperie, les théories fumeuses sur le saumon fumé, les blind tests musicaux (Gilles Servat ne compte qu’une fois.), les heures en voiture, les phares, les points, les apéros, les poils de chat, les ramoneurs, les versaillais en vacances. La rue de Siam, la rade. Le port.

Des choses insignifiantes.

Des partiels. Réviser. Faire semblant. Se dire que ça va passer, comme c’est toujours passé. Lire un peu. Passer à la fac.

Je fais pas ça d’habitude, hein.

Un éclat de rire dans les rochers, deux amoureux qui s’éclaboussent, le ciel se mêle à l’eau salée. Une femme qui tresse un panier, Un petit garçon dans le sable construit un chateau bien gardé. J’étais une fille en sari, Un pêcheur qui jette un filet J’étais une carte postale, en vrai Et puis… Et puis la Terre chargée de boue Et puis la Terre qui se déchire Et puis la mer qui crie debout Et puis la mer, et puis la mer Et puis le monde trempé de nuit.  Et puis le monde  Tellement petit Quelques secondes à l’infini. L’étoile de mer regarde le ciel et veut voir le monde à l’envers Peut-on retrouver ce qu’on perd Etoile de ciel regarde la mer, celle qui a éteint le soleil, Mais elle ne la veut plus pareille. Je suis en sari sur la plage. Un enfant qui cherche un visage Un trou dans livre d’images Et puis la Terre qui doit revivre Et puis la Terre qui se débat Sans bruit la mer qui se retire Juste le ciel qui reste là Et puis la Terre se tait partout Et puis la Terre au coeur qui bat Et puis le monde qui crie debout Ici, là bas D’une seule voix Etre là, poser une pierre sur une eau Même presque rien, même pas à pas Quelques maisons, un peu de bois Etre là, apprendre à marcher à nouveau, A croire au rayon du matin, Voir l’horizon prendre une main Et puis la Terre semée d’étoiles Et puis la Terre qui doit fleurir Et puis le monde au coeur qui bat Et puis la vie à faire envie Dès qu’on arrive dans les rochers, Deux amoureux ouvrent les bras Le ciel se mêle à l’eau salée. Et puis l’amour qui bâtira. Et puis la Terre semée d’étoiles. Et puis la Terre qui doit sourire. Et puis l’amour qui batira. Et puis la vie à faire envie. Le souvenir dans les rochers, Deux amoureux qui reviennent le soir Et puis se lève le jour d’après. Et puis le monde au coeur qui bat, Au coeur qui bat, au coeur qui bat.

(Et puis la terre, A.S.I.E). Photos : Plage de Panglao, Bohol Island, Philippines.

J’avais oublié…

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