J’ai cette chanson dans la tête depuis le 13 juillet, 17h05. C’est con, cette déprime post-camp, ce truc qui fait qu’on se sent tout seul avec sa paire de Quechua, son odeur de feu de camp, ses cheveux sales et son air blasé. Qu’on pense à des gamins qui sont même pas les nôtres, alors qu’on se foutait un peu il y a huit jours des mamans qui n’arrivent pas à laisser partir leurs rejetons en camp.
Ce camp, on l’aura vécu jusqu’au bout, et grâce à vous j’ai rempli mon réservoir de moments “qui font du bien quand on y repense”.
Tout à l’heure j’ai retourné mon sac sur mon lit, en étalant copieusement de l’herbe sur le couvre-lit propre, et j’ai retrouvé des petits trucs insignifiants qui m’ont fait penser à tout un tas de choses : un boxer noir de Julien qui traînait dans la tente (décidément, tu joues au Petit Poucet avec…), un papier de chewing-gum vert, ceux que tu avais acheté au Super U Clément, un carnet de chant déchiré taggué d’un “ce carnet appartient à Sixtine Goddet”…
Tout à l’heure j’ai pris une douche et j’ai été surprise de ne pas sentir le laurier et l’huile d’olive après.
Tout à l’heure j’ai longuement regretté de ne pas passer la soirée avec vous et pouvoir vous dire ça en face.
Tout à l’heure j’ai vu ma grand mère sortir de son lit, marcher pour me prendre dans ses bras frêles, et même manger un peu “parce qu’Elsa, mon ange gardien, est venue me voir”, alors j’ai arrêté de regretter d’être ici.
Vous allez prendre ce message comme une énième marque de mon sentimentalisme primaire, c’en est une. Mais c’est quand même pas de ma faute si j’aime bien être avec vous… Allez, retenons le meilleur, et même parfois le pire, les éléphanteaux asthmatiques, les phrases à la con, les conneries de Robin, les mains des enfants, les chauves-souris de 34 grammes, les Télé Z, les poulets crus, le Tour de France et Closer, le Super Picsou Géant, les cheveux de Léon, les questions inopinées de Jane, les “Aaaaaanne, Aaaaannne, AAAAAAAANNNNNNNEEEE !!!!!” d’Alex, les parties de foot, les oeufs dans les cheveux… J’en passe.
S’il y avait, enfin, deux phrases pour conclure, ce serait
“c’est beau, la vie d’une hirondelle” (Antoine)
“Nan, mais de toute façon, le doute est consubstantiel à l’engagement.” (Clément).
Vous me manquez, petits cons.

